LA PULSION

Dans sa dimension psychanalytique, la notion de pulsion désigne « un moteur du comportement humain, en tant que tendance ou penchant » (Scarfone)

Freud introduit le terme de pulsion dans son ouvrage Trois Essais sur la Théorie de la Sexualité en 1915.

Au XIXe siècle, la conception dominante pour expliquer toute pathologie psychiatrique s’appuie sur l’idée que les comportements sexuels sont innés et gouvernés par l’instinct, par conséquent,  les « aberrations sexuelle » sont des déviations de l’instinct  en lien avec la « dégénérescence ».

À cette époque, la façon dont la sexualité et ses troubles sont envisagés par la médecine est fondée sur une conception d’indépendance entre psychisme et sexualité. 

À travers la notion de pulsion, Freud relie le sexuel à l’ensemble du fonctionnement du psychisme, ce qui a pour conséquence de renverser complètement la perspective universelle de l’époque.

D’un point de vu psychanalytique, il semblerai que « les racines innées de la pulsion » (Freud), commune à tous les individus, soit à la base des perversions. De ce fait les influences de l’existence feront varier les perversions dans leur intensité et leur forme.

Dans cette perspective, il s’avère que l’homosexualité, par exemple, résulte d’un choix d’objet amoureux, apparu au cour de l’histoire individuelle d’une personne, et non d’une anomalie constitutionnelle, fruit de la « dégénérescence ».

Force est d’intégrer que les personnes homosexuelles ne sont pas d’une nature différente de celle des autres sujets.

Les pulsions ne visent pas seulement à expliquer les conduites et les comportements,  elles constituent l’articulation entre le fonctionnement corporel et les évènements psychiques.

Freud définit la pulsion comme « un des concepts de la démarcation entre le psychisme et le somatique ». Il émet l’hypothèse que la nature des pulsions « serait qu’elles ne possèdent aucune qualité par elles-mêmes, mais quelle ne doivent être considérées que comme mesure du travail demandé à la vie psychique »

La pulsion serait d’une part le fait du moi, et d’autre part constitutive du moi : c’est à dire ce qui constitue le psychisme à partir de l’investissement des expériences somatique.

De plus, il établit deux liens liés à la notion de pulsion :  lien entre la pulsion et la représentation (notion de représentant- représentation), ainsi que le lien entre la représentation et l’expérience de satisfaction.

COMPOSANTES DE LA PULSION

La poussée ou force de l’énergie : c’est l’exigence de travail imposée à l’appareil psychique, composante immuable.

La source : c’est d’où vient l’excitation. Excitation interne, somatique : lieu du corps en état de tension, d’excitation, de manque. (L’ensemble du corps est potentiellement érogène)

Le but : lié à l’élimination de la tension, à ce que cherche la pulsion : varie en fonction des expériences vécu dans l’enfance

L’objet : Satisfaction de la pulsion : moyen par lequel la pulsion atteint son but.

La pulsion serait donc une force biologique inconsciente, agissant de manière permanente et suscitant une certaine conduite. C’est un état d’excitation, une charge d’énergie qui oriente l’appareil psychique vers un but, un objet grâce auquel la tension diminue.

Critique de la psychanalyse : Freud suppose que la pulsion sexuelle est à l’origine de toute vie psychique : cette conception est à l’origine de nombreuses critiques à l’encontre du « pansexualisme » freudien.

Les critiques méconnaissent d’ordinaire le sens donné par Freud à la pulsion sexuelle, le concept de pulsion sexuelle selon Freud est bien plus large que le sens  qui s’attache à la notion habituelle de la sexualité.