L’ŒDIPE

En  1910, Freud utilise pour la première fois le terme de « Complexe d’Œdipe ». 

C’est à partir du mythe, qu’il définit cette « période d’acmé entre trois et cinq ans ». C’est une période  fondamentale du développement psychosexuel de l’individu, où l’objet de la pulsion devient le parent de sexe opposé à l’enfant, et auquel l’enfant va devoir renoncer. 

Dans sa conception, Freud reconnaît l’existence de périodes  dans  le développement de l’enfant,  au cours desquelles des processus spécifiques se mettent en place.

À ce titre, il décrit l’existence de stades libidinaux caractérisés par la modification de la source des pulsions principales.

Le stade oral (de 0 à 12 mois), est présenté comme la période où le nourrisson évolue sur un mode peu conscient de l’environnement qui l’entoure : l’absence de maturation du système nerveux du bébé et corrélé à l’absence de maturation de l’appareil psychique. Ce dernier est en totalité constitué du ÇA, l’objet de la pulsion est le sein maternel.

Le stade anal (de 18 mois à 3 ans) succède au stade oral, il se caractérise par l’intérêt de l’enfant pour l’anus et par extension pour la matière fécale, l’objet de plaisir de l’enfant devient le boudin fécal. C’est la période de l’affirmation du Moi, il décide de donner ou pas le précieux boudin à sa mère : démonstration de sa toute puissance.

Vers quatre ans, le stade phallique apparaît. Il est caractérisé par le complexe de castration chez le garçon et le complexe de manque chez la fille. La zone érogène s’oriente vers les organes génitaux, l’objet de la pulsion devient le pénis. 

À ce stade, les conduites masturbatoires entrainent la satisfaction, et l’exploration sexuelle conduit à la découverte de la différence des sexes : le pénis est envisagé comme un organe de puissance.

Cette frustration permet à l’individu de disposer de lui même, de trouver sa place, ainsi que de gérer ses sentiments face à l’angoisse de castration ou la peur de perdre.

Comme expliqué plus haut, l’enfant découvre la fonction particulière du père, qui est d’être l’amant de sa mère. C’est l’interdit de l’inceste, la loi du père qui permet à l’enfant d’orienter son désir vers l’extérieur et de s’identifier au parent du même sexe que lui.

Pour le garçon, le père devient un adversaire en même temps qu’il est un exemple à suivre. Il cherchera à séduire et gagner l’amour de sa mère.

Pour la fille, c’est la déception de ne pas avoir reçu le pénis qui entraine le changement d’objet d’amour. Son but devient d’obtenir le pénis du père refusé par la mère.

Les sentiments éprouvés par l’enfant à ce stade oscillent entre haine et amour.

Le stade œdipien précède une période de latence durant laquelle la manifestation des pulsions diminue, l’enfant renonce alors à l’objet de désir.

Les pulsions sont souvent sublimées et trouvent de nouveaux buts, la résolution de l’œdipe apporte une stabilisation narcissique, en donnant une identification stable et valorisée.

L’entrée dans la période de latence nous indique que l’individu a dépassé le stade œdipien: Dépasser le stade œdipien, suppose que l’enfant a dépassé la relation dyadique qu’il formait avec sa mère, pour entrer dans une relation axée vers le monde extérieur, et accède à l’identification du parent de même sexe que lui.

Par ailleurs le déclin du complexe d’œdipe marque l’apparition du Surmoi et l’intériorisation des interdit.