ENFANT – L’apprentissage du « NON »

Jean Jacques Rousseau est le premier à prendre conscience de l’intérêt de la psychologie dans l’éducation, ainsi que d’une réalité psychologique propre à l’enfant.

C’est à la fin du XIXe que l’on commence à s’intéresser au petit individu, et que les premiers travaux apparaissent, mettant en avant les capacités du jeune enfant.

Les chercheurs postulent qu’il existe une intelligence propre à l’enfant, de même que l’hypothèse selon laquelle, l’étudier permettrait de comprendre la pensée, et le psychisme adulte.

Tous sont d’accord sur le fait de l’importance du rôle du langage dans le développement, ainsi que des expériences vécues.

En effet, l’enfant est exposé au langage avant de s’en servir. Il passe par différentes phases avant de s’approprier cette faculté, qui sera le résultat d’une série d’étapes et d’influences.

La phase d’opposition, propre au développement de l’individu, apparaît vers l’âge de 2 ans, elle a été appelée par Henri Wallon « crise d’opposition ».

C’est une période décisive et nécessaire car l’enfant cherche à s’affirmer, par conséquent il découvre l’autonomie du Moi. Pendant 6 à 8 mois, l’enfant va s’affirmer, s’imposer devant autrui, et ainsi accéder au monde symbolique, d’autre par il se découvre.

René Spitz considère le « non » comme le 3ème organisateur du psychisme, qui permet à l’enfant de rentrer dans les relations sociales, et de marquer l’individuation (différenciation entre lui et l’objet maternel). 

C’est durant cette période que l’enfant va se percevoir comme un individu à part entière, se différencier de ses parents et expérimenter les limites posées par l’adulte.

Le besoin d’autonomie et de dépendance du petit individu se manifeste par le « non », qui aura plusieurs significations : imiter, s’affirmer, exister, contester, provoquer.

Durant cette période de conflit intérieur, il est nécessaire de rassurer et de sécuriser l’enfant. Le dialogue et la communication lui permettront de mieux intérioriser le « pourquoi » des interdits.

De plus, les parents se doivent de lui apporter une stabilité affective, il est important que l’enfant sache qu’il est aimé.

COMMENT GÉRER, SUR LE PLAN ÉDUCATIF, LA CRISE D’OPPOSITION CHEZ L’ENFANT?

Sur le plan éducatif, il est nécessaire pour les parents d’intégrer certains comportements afin de vivre au mieux ce passage.

La mise en place de règles est fondamentale, les parents se doivent d’expliquer à leur enfant le « pourquoi » lorsque ces règles sont posées et de s’y tenir, afin de ne pas remettre en cause leur crédibilité.

Deux types de règles sont à l’œuvre, les règles négociables et les règles non négociables.

Les règles négociables peuvent être adaptées au caractère de l’enfant, à la situation, mais ne remettent pas en cause la sécurité du petit, elles représentent l’ensemble des valeurs éducatives apprises par observation et imitation : prêter ses jouets, être attentif aux autres…, ainsi que les règles de socialisation qui structurent le quotidien : se laver, ne pas crier lorsque quelqu’un dort, ne pas écrire sur les murs…

Les règles non négociables sont peu nombreuses et concernes les situations dangereuses et la sécurité de l’enfant, ces règles doivent êtres imposées, sans négociation.

Prendre le temps de négocier, de communiquer, d’expliquer à l’enfants, sans instaurer un climat de « dictature » est primordial, et permet au petit individu d’acquérir son autonomie de manière saine et positive.

Les parents ont l’impression de passer leur temps à répéter les mêmes choses, certains peuvent baisser les bras durant la période de crise d’opposition. 

Ces conflits peuvent amener les parents à considérer les comportements de leur enfant comme un échec éducatif, ce qui peut engendrer de l’énervement, des menaces, voir de la violence physique envers l’enfant, ou une forme de laxisme éducatif.

Dans ces situations, le petits perd ses repères et se retrouve dans un climat d’insécurité, ce qui entraine une perte de confiance ainsi que des comportements déviants.

Il est nécessaire pour les parents de se rendre compte que le système cérébral du tout petit n’est pas mature, et qu’il convient d’envisager la situation comme une période d’apprentissage tant pour le futur adulte que pour le parent.

Construire un cadre de sécurité plutôt qu’un cadre d’interdit est une façon de concilier autorité et bienveillance.

« Il faut une très grande maturité pour être capable d’être parent, car cela implique d’être conscient que ce n’est pas une situation de pouvoir, mais une situation de devoir, et qu’on n’a aucun droit à attendre en échange. »

F.DOLTO