FÉTICHISME ET TRAVESTISME – PERVERSION D’OBJET

Par définition, le fétichisme est l’attribution de propriétés surnaturelles, bénéfiques à un objet inanimé ou un animal. Lié à l’animisme et à une conception magique du monde, le fétichisme est un comportement commun à toutes les civilisations.

On retrouve de nombreuses populations autour du monde, ayant leur propre système d’interprétation des maux, mais également leurs propres rites et objets thérapeutiques.

Au delà de la signification première du fétichisme, il existe aussi une expression évoquant un trouble sexuel qui consiste à inciter le sujet à rechercher la jouissance par le contact ou la vue d’objets dénués de signification érotique.

Ce trouble est caractérisé par le fait que l’accès au plaisir sexuel est conditionné par la présence d’un objet partiel (fétichisme),  ou d’un objet total (travestisme).

La personne souffrant du trouble sexuel fétichiste ou de travestisme, ressens une excitation instance envers des objets inanimés, non destinés à stimuler les parties génitales.

LE FÉTICHISME

Le fétiche est pour de nombreux individus considéré comme un simple stimulus sexuel, pour d’autres il aura une composante importante dans la sexualité, enfin certains sujets lui attribueront une sexualité complète.

Charcot et Magnan sont les premiers à décrire les cas de fétichisme érotiques. Krafft-Ebing donne de nombreux exemples, en indiquant le fétichisme comme une voie d’accès à la compréhension du phénomène pervers.

Pour la psychanalyse le fétichisme est lié à une réaction de « déni », inhérente à la découverte du « manque du pénis » chez la femme par le processus du complexe de castration. En d’autres termes, le fétichiste remplace l’organe absent chez la femme en constituant un fétiche.

Cependant la diversité des formes de fétichisme ne s’applique pas de manière absolue à la théorie freudienne, et l’on constate qu’elle peut dans certain cas s’avérer insuffisante.

En effet, l’attachement au fétiche peut se fixer après l’enfance, lors de la découverte de la sexualité, à l’adolescence ou à l’âge adulte. Le sujet devient fétichiste à l’âge adulte par l’acte sexuel et non par le déni.

Les objet les plus rependu dans ce trouble sont les sous vêtements, des chaussures, des gants, le plus souvent de type féminin. Les textures peuvent être également objet de fétichisme comme la soie, le latex, le cuir ou la fourrure. Certains sujets collectionneront des objets qu’ils auront besoin de toucher, de sentir, de frotter ou de gouter pour parvenir à la jouissance.

De plus, le fétiche n’est pas limité à un vêtement, une partie du corps ou un objet, mais peut également être associé au contact, au bruit, aux odeurs, et renvoyer à un souvenir.

Le plaisir du sujet peut être lié à une régression, comme l’attachement aux souillures,  que l’on retrouve dans d’autres formes de déviances sexuelles comme l’urophilie ou la scatophilie ; le besoin de retour à l’état de bébé (port de couche) fréquent chez certains masochistes.

LE FÉTICHISME FÉMININ

On attribut souvent le trouble fétichiste aux hommes, bien qu’il existe également un fétichisme clandestin à caractère érotique, d’objet et de matière, que l’on peut observer chez la femme.

Au sens lacanien, c’est dans l’exhibition que la femme dévoile son fétichisme, elle peut s’exprimer tout au long de sa vie à travers ses tenues vestimentaires sans qu’il ne lui soit attribué le caractère fétichiste à ses comportements.

Certaines collectionnent les chaussures, d’autre les sous-vêtements, les femmes peuvent laisser libre cours à leur « originalité » sans qu’elles ne soient inquiétées ou même remarquée.

LE TRAVESTISME

Sujet de plaisanterie, que ce soit en société ou au théâtre, les travestis sont bien connus dans la société. Ils constituent une population complexe qui est souvent confrontée à la violence et aux agressions.

On parle de perversion sexuelle lorsque le travesti ne peut atteindre la jouissance qu’à la condition où il porte des vêtements du sexe opposé.

Ce phénomène se rencontre chez des sujets de structures psychiques diverses. On peut distinguer plusieurs formes de travestisme selon Guy Rosolato :

  • Le travestisme limité à la sphère sexuelle, il est le plus souvent pratiqué par les hétérosexuels et souvent intermittent.
  • Le travestisme exhibitionniste où domine l’identification à la mère phallique. L’accent est mis sur la nécessité de témoin, le spectacle, l’apparat.
  • Le travestisme homosexuel où l’accent est mis sur la séduction, souvent présent dans le monde de la prostitution de sexe masculin.

Il est important de ne pas confondre le travestisme et la transsexualité, de même que le travestisme et l’homosexualité.

Le transsexualisme se situe dans la sphère psychotique, le sujet ressent une détresse quant à son identité sexuelle en tant qu’homme ou femme, il s’agit d’un trouble de l’identité sexuelle, et non d’une paraphilie.

Il faut comprendre que le but du travesti est d’obtenir une excitation sexuelle en créant l’apparence du sexe opposé, il va ressentir le besoin de se débarrasser de ses vêtements une fois la jouissance atteinte et l’excitation sexuelle retombée.

Dans le cas de l’homosexualité, qui n’est pas une déviance mais un choix d’objet, le comportement qui consiste à se travestir est plutôt rare, bien qu’il existe des homosexuels qui se travestissent.

https://psychopsycha.com/blog/perversion-et-perversite/lhomosexualite/

LE TRAVESTISME FÉMININ

Le travestisme féminin n’est pas limité à la sphère sexuelle.

Depuis toujours, les femmes se sont appropriées les vêtements des hommes dans le but de rompre avec les sociétés patriarcales où leur rôle était limité. Le désir d’intégrer des professions réservées aux hommes, ou d’entrer dans la vie monastique contraignait les femmes à se travestir.

Guerrières, savantes, artistes ou aventurières ces femmes ont été poussées à voler une identité d’homme pour accéder à une « liberté » et vivre tel qu’elles l’entendaient. Jeanne d’arc, Georges Sand en sont des exemples bien connus.

Aujourd’hui, le travestisme féminin est apparent et affirmé. Le phénomène Drag King, issu de la culture du spectacle,  consiste à inciter la société à penser la notion d’identité sexuelle.

Les femmes adoptent des postures viriles et des vêtements typiquement masculin en se produisant sur scène. C’est l’une des formes les plus étonnantes la perversion féminine.

« L’homme est celui qui a le phallus, la femme celle qui est le phallus. »

J. Lacan

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