L’HOMOSEXUALITÉ

« Ce qu’on fait par amour est au-delà du bien et du mal ; ce que deux personnes qui s’aiment font ensemble ne peut être qualifié de pervers. » Nietzsche 

À la fin du XIXème siècle, l’homosexualité est sévèrement réprimée par la loi en Europe, et on la considère comme une tare.

Pour le discours psychiatrique il s’agit d’une inversion sexuelle, d’une anomalie psychique, d’un trouble de la personnalité.

La terminologie pour qualifier l’homosexualité est péjorative. Pour les femme on utilise le terme de lesbianisme ou de saphisme, en référence au à la poétesse grecque Sapho, adepte de l’amour entre femme ; pour les hommes les termes de pédérastie, sodomite, homophilie se répandent.

CATÉGORISATION

Les premières classifications psychiatriques des déviances sexuelles présentent l’homosexualité comme un trouble du comportement sexuel.

Richard Von Krafft-Ebing, publie en 1886 le « Psychopathia Sexualis », première étude psychiatrique sur les déviances, dans laquelle il classifie 4 types de perversions sexuelles, dont l’homosexualité.

Son ouvrage est en faveur d’une meilleure  compréhension des phénomènes pervers liés à la sexualité humaine.

Par ailleurs, Krafft-Ebing se prononcera en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité.

LA PSYCHANALYSE FACE À L’HOMOSEXUALITÉ

L’universalisme freudien est progressiste en ce début du XIXe siècle, en comparaison avec le différencialisme des sexologues et psychiatres de la même époque, qui considèrent l’homosexuel comme anormal ou comme malade mental.

La psychanalyse apporte un regard nouveau sur les perversions et l’homosexualité dans le sens où elle considère qu’il s’agit d’une variante de fétichisme: c’est à dire le déplacement de la sexualité génitale (hétérosexuelle) vers un objet partiel.

https://psychopsycha.com/blog/perversion-et-perversite/les-perversions-sexuelles-ou-paraphilie/fetichisme-et-travestisme-perversion-dobjet/

Freud refuse toute forme de stigmatisation à l’égard des individus homosexuels, et ne les sépare pas des autres êtres humains.

Il est le premier à rompre avec le discours psychiatrique. Et écrit en 1915 :

« La psychanalyse s’oppose avec la plus grande détermination à séparer les homosexuels des autres êtres humains en tant que groupe particularisé ».

Dans son livre consacré à Léonard de Vinci, il renonce au terme « d’inverti » au profit de celui d’homosexualité.

Cependant, les homosexuels sont bannis de l’exercice de la psychanalyse (contre l’avis de Freud): le mouvement psychanalytique berlinois se montre hostile envers les homosexuels,  les considérant incapables d’être psychanalystes, puisque impossible à « guérir » par la cure.

Otto Rank, appuyé par Freud s’oppose à la mouvance berlinoise est déclare que les homosexuels peuvent accéder au métier de psychanalyste selon leur compétence.

Un combat de plusieurs années s’en suivit sur la répression ou l’intégration des homosexuels dans les cercles psychanalytiques…

Dans les années 70, les mouvements favorables à la liberté sexuelle, prônent l’homosexualité comme pratique sexuelle à part entière. Le terme d’homosexualité apparaît au pluriel, et l’on parle alors des homosexualités.

Ceci pour souligner le fait que l’homosexualité est une composante de la sexualité humaine, dotée d’une multitude de comportements aussi variés que ceux des personnes hétérosexuelles.

À cette époque, la communauté psychiatrique américaine, faute de pouvoir expliquer la nature de l’homosexualité de manière scientifique, fait voter ses membres sur la considération de l’homosexualité.

En 1974, l’American Psychiatric Association (APA) raye l’homosexualité de la liste des maladies mentales.

D’autre part, la génétique tente d’expliquer l’homosexualité, sans qu’aucune causalité sérieuse n’ait été avancée.

HYPOTHÈSES PSYCHANALYTIQUES

Freud considère que tout individu peut être porteur de ce choix, du fait de l’existence d’une bisexualité psychique inhérente à chacun de nous.

Cependant il maintient que le fait d’être élevé par des femmes, favorise l’homosexualité pour un homme, comme pour une femme (Thèse à laquelle il renoncerait aujourd’hui : en effet, les observations actuelles des enfants élevés par des couples homosexuels démontrent le contraire).

Freud explique qu’afin d’assumer le drame qui est les sien, l’homosexuel a recours à la création (la sublimation).

De ce fait, l’homosexuel freudien est un être civilisé ; incarnation du sublime c’est un sujet dont la civilisation a besoin.

Concernant l’homosexualité féminine, il décrit le cas d’une jeune fille, amoureuse d’une femme et destinée à se marier à un homme.

Dans son observation, Freud parle de la conséquence de la fixation infantile à la mère et d’une déception à l’égard du père.

L’homosexualité masculine, selon lui, surviendrait après la puberté, quand durant l’enfance s’est produit un lien mère-fils intense : au lieu de renoncer à elle, le jeune homme s’identifie à elle, et cherche un objet susceptible de remplacer son Moi, afin qu’il puisse aimer comme il a été aimé de sa propre mère.

Les conclusions de Freud concernant le «traitement» de l’homosexualité par la cure psychanalytique sont catégoriques : il est inutile de vouloir transformer un homosexuel en hétérosexuel.

Puis d’ajouter, qu’en aucun cas la cure psychanalytique ne doit être menée avec un tel objectif.

Freud ne chercha pas à juger l’homosexualité, mais à en comprendre les causes et la structure en terme d’inconscient.

LES POST-FREUDIENS

Les débats sont nombreux en psychanalyse quant à « l’explication » de l’homosexualité.

Jacques Lacan fût le premier psychanalyste français à rompre radicalement avec les persécutions qui visaient les homosexuels : il fonda l’École Freudienne de Paris, et conduisait ses cure avec des homosexuels qui purent devenir analystes par la suite.

Les travaux de Foulcault permirent de considérer l’homosexualité comme une pratique sexuelle à part entière, et non plus comme une pathologie.

Le Dr Salomon Sellam, rédige un ouvrage sur l’homosexualité d’un point de vue psychosomatique, à partir de son expérience et des récits de ces patients.

Les observations qu’il nous livre, sont fort intéressantes et nous permettent d’envisager l’homosexualité sous un autre angle.

À chaque histoire relatée, nous pouvons percevoir la singularité de chacun vis à vis de son choix sexuel et de son identité. 

LE LESBIANISME

Selon certains auteurs, l’homosexualité chez la femme est principalement une relation fétichiste de la fille à la mère: la fille se considérant comme le complément indispensable de la mère (Granoff & Perrier).

Pour McDougall, c’est essentiellement par rapport à un fantasme de scène primitive mettant en scène deux femmes (coït originaire reproduit en déniant la différence des sexes au profit de la mère).

PERVERSION?

L’homosexualité n’est considérée comme perversion que là où elle s’accompagne de pratiques considérées comme telle (masochisme, travestissement, rituel, scénario…), ou lorsque l’homosexuel manifeste un dégout voir un rejet de l’autre sexe.

https://psychopsycha.com/blog/perversion-et-perversite/les-perversions-sexuelles-ou-paraphilie/

Il y a encore moins de cinquante ans, l’homosexuel ressentait une forte culpabilité, et suivait une thérapie pour « guérir ».

Aujourd’hui il revendique et assume pleinement son identité.

L’avènement d’un regard nouveau sur la sexualité, nous a permis de mieux comprendre le choix de l’autre. En effet la discrimination est moins importante dans les mœurs, et il semble que l’homosexuel soit mieux accepté.

Cependant de nombreuses sociétés, où dominent notamment les principes religieux, conservant la catégorie du sodomite, coupable et pêcheur, maudit parmi les maudits, restent discriminantes, voir violentes envers ces hommes et ces femmes dont le choix d’objet est du même sexe qu’eux…

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